« Sous Khrouchtchev, la stratégie reposait sur la création de microquartiers au centre desquels se trouvaient une école, une polyclinique, où les voitures ne circulaient pas. La distance entre chaque immeuble et l’école ne devait pas dépasser 400 mètres », poursuit Evgueni Asse en traçant des croquis sur sa longue table de travail. Pour la première fois, surtout, les ­Soviétiques accèdent au logement individuel. En 1950, plus de la moitié des cinq millions d’habitants dans la capitale russe vivaient encore dans des kommunalka, des appartements communautaires, ou dans des baraques en bois, construites après-guerre à titre temporaire. En principe.

« L’accès aux khrouchtchevki, c’était l’accession non à la propriété privée, mais aux appartements séparés, à la possibilité de s’installer en famille, souligne la Française Hélène Richard, auteure d’une thèse sur le logement et la propriété en Russie. Les immeubles étaient gérés par des entreprises d’Etat ou des municipalités qui établissaient des baux et se chargeaient de l’entretien et des documents. Les charges étaient très faibles. » Transmis aux enfants, ces baux soviétiques, plutôt protecteurs, ont concerné des générations entières de résidents. Près de 127 millions de Soviétiques, à travers toute l’URSS, y ont vécu, selon le journaliste indépendant Iouri Bolotov.

Isabelle Mandraud – La destruction des krouchtchevki (Le Monde)

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