Contrairement à la social-démocratie ou à son adversaire marxiste léniniste, la gauche benjaminienne ne croit pas qu’on échappe à la « cage d’acier » (stählernes Gehäuse) du capitalisme, comme la nommait Max Weber, en dévalant la pente de la fatalité historique. Non. La gauche benjaminienne parie sur le seul geste de « saisir le frein d’urgence ».

Saisir le frein d’urgence ? Classiquement le parti du Mouvement, dans ses variantes rivales et ses scissions mimétiques, veut prendre l’ennemi bourgeois de vitesse ; le stratège benjaminien prescrit, lui, de ralentir, de baisser la cadence, de couper les moteurs. Il supplie, avec Obaldia, qu’on le laisse descendre du « grand 8″… Comment s’explique cette bizarrerie programmatique ?

Alexis Lacrois – Walter Benjamin, une gauche à contre-courant (La Règle du Jeu)

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