Sur un autre plan, on pourrait tout à fait voir dans cette nouvelle un simple retour à la logique. Lorsque Diderot et d’Alembert conçurent l’Encyclopédie, ils imaginèrent d’abord une nouvelle organisation du savoir. Une organisation collaborative, où les auteurs étaient nombreux, une organisation cyclique, où les entrées renvoyaient les unes aux autres, et en mouvement continuel où les articles évoluaient à mesure qu’évoluaient les objets, techniques et savoirs, dont il était question.

Cette nouvelle organisation du savoir trouva place dans le livre parce qu’il n’y avait rien d’autre pour en assurer la diffusion. Son succès, et le rôle historique qu’eut l’Encyclopédie, à la fois en termes pédagogiques et politiques, disent bien que ce fut une œuvre extraordinaire. Mais, d’emblée, c’était aller à l’encontre de toutes les ambitions du projet que de le faire entrer dans un support lourd, fixe et épais comme le livre.

Comme aime à l’expliquer le chercheur suisse Frédéric Kaplan, que l’encyclopédie soit un livre est un accident de l’Histoire, l’encyclopédie a toujours excédé le livre, elle était coincée dans le livre, qui en faisait un objet un peu absurde. Des énormes volumes, des index compliqués à manier, et surtout une caducité très rapide de nombreux articles qui nécessitaient des volumes de réactualisation rendant encore plus compliqué le maniement.

Puis vint le Web.”

Xavier de La Porte, Universalis dépose le bilan (Nouvelle Obs)

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