Une langue unique, cela n’existe pas, à moins de robotiser les humains ! On a toujours créé de la diversité. Et puis, cette idée qu’une société ne peut fonctionner que si on s’exprime tous exactement de la même façon est fausse. A l’école, on parle de l’importance de la «maîtrise de la langue». Ce mot «maîtrise» est chargé de sens. Comme s’il était question de la dompter, de la domestiquer à la manière d’un animal sauvage. Nous avons un rapport très particulier à la langue, de l’ordre du totem, d’un symbole absolu de l’identité nationale. C’est presque une religion. Je pèse mes mots. Un exemple. Lors du débat parlementaire sur la déchéance de la nationalité, il y a quelques semaines, une députée a tweeté : «Respecter la France, c’est d’abord respecter sa langue…» L’attachement à la langue est de l’ordre du sacré, ancré dans la tête des gens dès l’école. Ce qui explique d’ailleurs que la plupart l’acceptent, jouent le jeu, renoncent à leur langue régionale ou immigrée, à leur accent régional ou social, changent leur manière de parler, les mots qu’ils emploient en se disant ne pas avoir le choix. L’idéologie est tellement prégnante qu’on transpose cette pression sur les langues étrangères. On va par exemple collectivement considérer que bien parler l’anglais, c’est s’exprimer avec l’accent de la bourgeoisie londonienne. Comme si c’était le seul accent valable ! Alors que vous pouvez parler l’anglais à votre façon, les anglophones ne donneront pas d’importance à votre accent.

Philippe Blanchet on glottophobia (Liberation)

One of the sneakier pitfalls of an efficiency-based attitude to time is that we start to feel pressured to use our leisure time “productively”, too – an attitude which implies that enjoying leisure for its own sake, which you might have assumed was the whole point of leisure, is somehow not quite enough. And so we find ourselves, for example, travelling to unfamiliar places not for the sheer experience of travel, but in order to add to our mental storehouse of experiences, or to our Instagram feeds. We go walking or running to improve our health, not for the pleasure of movement; we approach the tasks of parenthood with a fixation on the successful future adults we hope to create.

In his 1962 book The Decline of Pleasure, the critic Walter Kerr noticed this shift in our experience of time: “We are all of us compelled to read for profit, party for contracts, lunch for contacts … and stay home for the weekend to rebuild the house.” Even rest and recreation, in a culture preoccupied with efficiency, can only be understood as valuable insofar as they are useful for some other purpose – usually, recuperation, so as to enable more work. (Several conference guests mentioned Arianna Huffington’s current crusade to encourage people to get more sleep; for her, it seems, the main point of rest is to excel at the office.)

Oliver Burkeman on productivity (Guardian)